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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:55

Janine Imbert Burlo est une grand-mère en souffrance. Sa petite-fille, Léa, est décédée dans un accident de la route à l'étranger. Elle décide d'écrire son histoire pour clamer sa douleur et dénoncer les faits. « Léa, ma chérie, ma beauté, mon amour » a été publié en 2015 chez TheBookEdition. Un livre préfacé par Nathalie Baldaccini, la maman de Léa.

 

« Léa, ma chérie, ma beauté, mon amour » de Janine Imbert Burlo

« Mon livre est le cri de souffrance d'une grand-mère qui est en manque de sa première petite-fille, décédée à 17 ans !

Ce cri est aussi l'appel à la justice de toute une famille dans le désespoir. »

« Ce livre, je ne l'écris pas pour vous parler justice, je n'ai pas les compétences ni toutes les données nécessaires pour juger l'organisme de voyage dont il est question. J'écris la souffrance d'une famille, les dommages indélébiles causés par ce départ. Je veux vous parler d'une grand-mère dans le désespoir, je veux vous parler de ma souffrance. Je veux expliquer aux personnes qui liront ce livre-journal, la difficulté de continuer à vivre après un tel drame... »

 

Ce sont les mots qui commencent l'ouvrage et nous impliquent déjà dans la poursuite de la lecture. Ils suivent une préface particulièrement émouvante signée par Nathalie Baldaccini, qui n'est autre que la mère de Léa à qui est dédié et ce livre.

 

Léa a 17 ans lorsqu'elle part découvrir les USA en colonie de vacances. Joyeuse, souriante, pleine de vie. Avec de nouvelles amies, elle découvre Los Angeles, Las Vegas et toute la folie de ces villes de lumières. Un périple qui s'arrêtera brusquement, lorsque le van dans lequel elle se trouve se renversera… Léa 17 ans, et Orane 16 ans, y perdront la vie.

 

Le livre commence par la longue attente… La famille dans le Sud de la France et le corps de Léa aux USA. Onze jours de douleur avant que le corps ne soit enfin rapatrié. Puis, souvent au fil des pages, l'auteure évoque l'incompréhension du monde qui les entoure. 

 

« Certains ne comprennent pas. C'est regrettable, mais jamais ils ne comprendront… Malheureusement. La souffrance ne se mesure pas sur une échelle de douleur. La souffrance, on la subit. Au quotidien. Certains jours plus que d'autres. C'est comme ça…

Le temps à beau passer, s'égrainer, s'épuiser, il ne calmera rien des sentiments que j'éprouve. Tu me manques ma chérie. Tu me manques… »

 

Le récit se poursuit, toujours sous forme d'un journal de bord. La lettre ouverte d'une grand-mère à sa petite-fille. Elle évoque les souvenirs du passé, les douleurs atroces du présent ; les anniversaires, les hommages, l'actualité, la justice… Sa colère face au monde qu'elle ne comprend plus. Sa haine face à ces gens qu'elle juge responsables et qui font la sourde oreille. 

 

L'ouvrage se termine par le récit du voyage de l'auteur sur les pas de Léa. Avec les parents de Léa, Janine est partie aux USA voir les dernières images de sa petite-fille. Les villes, le lieu du drame, les interlocuteurs… 

 

« Je voulais ce voyage. Je voulais voir. Je voulais comprendre. Mais j'ai sous-estimé la quantité d'émotion écrasante que cela entrainerait. J'ai sous-estimé les larmes que je devrais refouler. J'ai sous-estimé… la quantité de douleur, de désespoir, de rébellion, de colère et de rancune qu'il me faudrait gérer.

Je ne savais pas que de voir ce lieu où tu es morte finirait d'arracher les derniers lambeaux de mon coeur... »

 

Ce livre, c'est un témoignage poignant. Les mots de Janine, retraçant ce chemin tortueux depuis le drame jusqu'à aujourd'hui. Le temps s'égraine et les années passent, mais le chagrin reste le même et la rancoeur omniprésente. Un livre rempli de cris et de larmes mais aussi, un livre rempli de courage. Cet ouvrage est une dénonciation de fait, tout autant qu'un message d'amour. L'amour d'une grand-mère pour sa petite-fille. Léa.

 

« Pour tuer, il n'est pas toujours nécessaire d'être armé. 
L'indifférence, la cupidité, la bêtise peuvent être fatales aussi.
Et ce sont bien ces armes-là qui ont tué Léa et Orane ! »

 

 

INTERVIEW

5 questions à Janine Imbert Burlo

 

 

- Pour quelles raisons avez-vous choisi d'écrire ce livre ?
      J’ai écrit ce livre pour faire savoir les lacunes dans l’organisation de ce voyage. Je veux faire savoir la douleur des parents, des familles qui me peuvent s’en remettre. Je veux expliquer la lutte de tous les jours pour que soit respectée la mort de deux adolescentes. Je veux démontrer qu’il n’est pas bon pour un pays de permettre certains actes dit « religieux » alors que cette religion elle-même est contre.
 

- Au jour d'aujourd'hui, quel est votre ressenti face à la Justice qui a pris en charge le dossier de cet accident ?
      Pour ma part je suis à la dérive dans ce domaine, je ne sais plus ce que je dois croire, ma raison me dit qu’il n’y aura rien de plus et mon cœur veux écouter ceux qui y croient encore, en me disant que tout peut encore avoir lieu, même la sanction …

 

- Avez-vous choisi de transmettre ce témoignage à des politiciens et dans quel but ? Si oui, quels sont leurs retours ? 
      J’ai envoyé mon livre au Maire de ma commune pour le moment je n’ai eu aucune réponse, je ne perds pas espoir. 

 

- Comment allez-vous, à présent ? Ce livre a-t-il apaisé une partie de vous ?
      Avoir écrit ce livre bien-sûr me fait du bien, savoir qu’il est lu, savoir que les gens, peut-être grâce à lui, ouvrent plus grands leurs yeux et cessent de faire une confiance aveugle à tous ces vendeurs de rêves. Je crois que de bonnes colonies existent mais elles n’ont pas sans doute les mêmes moyens de faire des pubs à grande échelle. Elles sont écrasées par les leaders.
Il me fait du bien parce que j’ai vidé mon cœur, mais je voudrais qu’il soit lu par un plus grand nombre de personnes, je voudrais avoir des réponses positives ou négatives, mais je voudrais avoir la réaction des lecteurs.

- Si vous deviez vous qualifier en cinq mots, quels seraient-ils ?
      Désabusée, blessée, aimante, combattante, impatiente.

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commentaires

Mike 16/05/2017 22:27

J'imagine que le temps ne guérit pas, je ne sais même pas s'il apaise.
J'espère que la famille s'autorise à avoir des moments de bonheur. Votre combat me servira et servira sans doute à d'autres, qui feront particulièrement attention aux organismes à qui ils confient leurs enfants. Pour autant, il y a aussi des drames qu'on ne peut pas éviter. C'est à notre insoutenable légèreté - pour paraphraser Kundera - que l'on doit de ne ne pas y penser.
Je vous envoie toutes mes pensées affectueuses, même si elle sont anonymes.

vero 08/06/2015 10:40

bravo pour votre livre, et avez vous la force dans faire un deuxième sur sa sœur?
encore bravo car l’écriture aide a libérer des souffrances .