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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 13:12

Charlotte Valandrey est une actrice française, notamment reconnue dans le rôle de Myriam, journaliste dans la série télé « Les Cordier, juge et flic ». Elle est née le 29 novembre 1968 à Paris et a grandi en Bretagne. C’est à 17 ans qu’elle apprend sa séropositivité. En 2005, elle publie son premier livre « L’Amour dans le sang » où elle révèle sa maladie. Suite à deux infarctus qui ont failli lui coûter la vie, Charlotte subi une greffe du cœur le 4 novembre 2003. C’est en 2011 que sort son second livre « De cœur inconnu » qui raconte sa relation avec un homme qui pourrait être le mari de la femme dont elle a reçu le cœur.

 

charlotte-valandrey-de-coeur-inconnu.jpgOn ouvre le livre, on lit la première page, on plante le décor. Tout commence par un rêve.

« J’ai fait un rêve tenace, obsédant, qui m’aveuglait encore au milieu de la nuit quand je me suis réveillée en hurlant. J’étais morte. Enfin. »


Avec des mots doux, Charlotte Valandrey nous évoque son quotidien depuis sa greffe. On s’imagine un ton posé et calme, son regard perçant le nôtre. « J’aime regarder droit dans les yeux, échanger, constater l’effet de mes mots » et pour l’avoir rencontrée, je peux assurer que ce point particulier est bel et bien réel. Il en est impressionnant, intimidant, presque déroutant…

L’actrice évoque son manque d’amour, son impatience, ce besoin de fougue et le bonheur d’entendre "je t’aime". « Je veux qu’on m’aime, qu’on me le dise, le crie, le répète. »


On partage les séances chez sa psy et les récits de ces cauchemars répétitifs. « Ce sont les mêmes images, il y avait ces rayons dorés tout autour et cette angoisse, je n’ai jamais ressenti ça. La certitude de ma fin, mon corps qui se tord, se replie à jamais. Le nouveau-né était assis à côté de moi, les yeux fermés, puis ce bruit à exploser les tympans, ces yeux de loup dans le rétroviseur, je vais devenir folle, docteur, si ça continue. »


Mais surtout, Charlotte Valandrey nous fera partager son nouveau bonheur : l’amour. Sans oublier sa complicité remarquable avec sa meilleure amie Lili et sa passion maternelle pour sa fille, Tara ; en passant par la gentillesse exemplaire d’Henriette.


Jusqu’au jour où une lettre anonyme va venir troubler sa vie.

« JE CONNAIS LE CŒUR QUI BAT EN VOUS, JE L’AIMAIS… »

Telle est la première phrase de ce courrier entièrement écrit en lettres capitales. Doit-elle laisser ces mots au même rang que les autres courriers d’admirateurs ou y porter une plus grande importance jusqu’à l’envie de retrouver son auteur ? « Les signes de la vie sont uniques et fugitifs, à saisir dans l’instant, ou ils filent pour toujours » nous confie l’actrice. On vous laisse deviner, donc, la suite logique de son choix vis-à-vis de ce courrier…


D’ailleurs, quelques pages plus loin, Charlotte Valandrey évoque le sujet avec Steven, son cardiologue et amant. « Je ressens des choses étranges depuis quelques mois, je fais des cauchemars qui ne m’appartiennent pas, quand je touche cette lettre mon cœur s’emballe. Je bois du vin, je mange des choses que je ne mangeais pas. J’ai eu mardi en pleine journée les mêmes visions que dans mes rêves… Quand ça me prend, je suis saisie d’une angoisse inexprimable qui me dépasse… Il y a quelque chose d’anormal dans tout ça. Bizarrement, cette lettre, je l’ai prise en plein cœur, si je puis dire… »


Mais très vite, la déception amoureuse noircit les pages de ce témoignage poignant… Charlotte se confie à Henriette et tente malgré tout d’avoir des nouvelles de Steven, qu’elle aime encore malgré la distance qu’il met désormais entre eux. « Je suis sûre qu’Henriette à raison. Steven va bien, il a déjà "tourné la page". Il se fiche de ma douleur. Je m’en veux. Comment puis-je le méconnaître à ce point ? Vivre près de lui, rire avec lui, le caresser, lui parler, coller à sa peau toutes ces nuits comme une décalcomanie et pourtant ne rien savoir de lui, de qui il est vraiment. »

 

Ce livre est un témoignage criant d’amour et de volonté d’avancer. Après dix heures d’opération, le torse ouvert pour y transplanter un autre cœur, ce récit est une leçon de vie remarquable et une générosité extraordinaire. Contrairement à ce qu’on pourrait penser en le voyant, il n’est pas triste. Il est fort, il est émouvant, il est aimant, mais il est joyeux. Comme le dirait Charlotte elle-même et comme elle l’a écrit sur sa dédicace, c’est un conte fantastique, réel et moderne. Un conte d’amour et d’espérance. Et pour résumer en quelques mots : « (Le cœur) ne repousse pas, ne se remet jamais totalement de ses blessures, tout au mieux il se renforce, il cicatrise. C’est la souffrance du cœur. »

 

Mais le bonheur sourit aux personnes qui le souhaitent vraiment. Sans mauvais jeu de mots, il sourit aux personnes qui le veulent de tout cœur. Alors sans trop en dire, le bonheur de l’amour sourira de nouveau à Charlotte Valandrey… Et sans vous en dévoiler plus, je ne citerais que les dernières lignes du livre...


« Quelques mots pour un texto qui jaillit sur l’écran :

"29 avril, 11 AM, Roissy 1, vol Qantas 181 de Sidney, je rentrerai pour toi."

[…]

Dans une heure, Yann m’emmènera. Mon cœur bat, je rêve encore. »

 

 

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Published by chroniques-culturelles - dans Littérature
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