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3 juin 2014 2 03 /06 /juin /2014 07:13

 

 

Florence Berna-Pazos est une femme et une mère. La maman "désenfantée" de Manuel, arraché brusquement à la vie le 5 février 2006. Il avait 23 ans...




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Cri d'amour à travers un Hommage rendu à mon fils.

Parler de lui pour le maintenir dans la Vie, apporter un témoignage pour qu'il ne soit pas "parti" pour rien...

Pour mettre en garde contre les inconsciences de la route...

Pour ne JAMAIS oublier combien nos enfants sont la plus grande richesse de notre vie...


 

 

 

 

 

 

 

 

« Il y a des naissances, il y a des morts qui nous amènent à une autre naissance. Celle qui nous fait immanquablement reconsidérer tout notre chemin de vie. Celle qui nous amène à penser que tout ce que nous avons vécu jusqu'à la tragédie n'était qu'une immonde farce. On pleure sur des bobos, des absences, des amours contrariés, des abandons, des nuits sans sommeil qui nous rendent de méchante humeur, alors que tout cela ne représente qu'une infime et désopilante partie de ce que le pire peut nous faire découvrir sur nous-même. »


Voilà. C'est comme ça. Florence Berna-Pazos plante là l'ambiance même de son livre. Parce que se plaindre pour les petites choses de la vie, on l'a tous fait. Tous. Jusqu'au jour où l'on s'aperçoit qu'il y a bien pire que tout ça. Tellement pire. Lorsque la vie nous enlève la personne qui nous est chère. La personne que nous aimons plus que tout. La chair de notre chair. Notre enfant… Comme cette maman le dira tout au long de ces pages : « Je suis amputée, exsangue. Ma vie s'est arrêtée. J'ai 48 ans, 7 mois et 2 jours. Rien ne sera plus jamais comme "avant" puisque tu n'es plus là. De chair et de sang. »

On lit ce livre comme une véritable lettre ouverte. Une lettre d'une mère à son fils. L'auteure a deux enfants, deux garçons, qu'elle surnomme désormais ses piliers. Manuel, devenu son pilier du Ciel et son frère Michel, le pilier de la Terre…

Parler de la mort d'un enfant est toujours difficile. Complexe. Ici-même, ce n'est pas un exercice, c'est une bien triste réalité. « J'ai si mal, mon enfant. Mal de vivre, de survivre, de continuer à faire semblant. On m'arrache les membres, on m'enlève le cerveau, le coeur, le foie, la rate ou le gésier, tout ce qu'on veut… Mais pas toi ! Fallait pas m'amputer de toi ! »

Ce livre, c'est cent trente pages d'amour et de souffrance. L'amour inconditionnel et éternel d'une mère pour son enfant. La souffrance terrible et incurable du départ et de l'absence d'un enfant… Justement. Dans cet ouvrage, Florence Berna-Pazos met noir sur blanc ses souvenirs, son amour, sa douleur. A la lecture de cette triste réalité, on découvre toutes les émotions qui nous prennent aux tripes, ces larmes qui nous viennent sans qu'on ne s'en rende compte, cette leçon de vie qui nous est donnée. Aussi. Ce courage et cette force, au quotidien.

« Je veux parler de toi, parce que JE SUIS et JE RESTERERAI ta maman jusqu'à mon dernier souffle. Pour moi, tu continues à vivre, puisque cette force c'est TOI qui me la transmets. C'est le plus beau cadeau d'amour qu'un fils puisse faire à sa maman. »

Florence Berna-Pazos dit ses vérités, ses ressentis, parle du regard des autres. Elle dit déranger la vie tranquille de ceux qui l'entourent, inconscients de sa propre vie, de son propre désarroi, de sa propre douleur. Comme si perdre un enfant était une maladie contagieuse, « un vilain virus ». Ces mots qu'elle entend sans relâche, de se remettre sur pieds, de passer à autre chose, d'aller de l'avant, comme, le dit-elle, « comme si la douleur ne devait durer qu'un temps. »

Un temps éternel dans le coeur d'une maman. Un temps infini…

Cette mère relate à travers ses mots son amour profond. Elle évoque l'enfant de Manuel, Aurélien, et tout l'amour qu'il lui portait depuis sa naissance. Elle passe sur les difficultés rencontrées, sur les tourments, sur les relents de la vie… Elle montre et démontre la bonté entière de ce garçon… Son garçon. Au fil de la lecture, on se trouve là, assis sur le canapé, aux côtés de Florence. On l'écoute nous raconter ses souvenirs. Ses souvenirs douloureux mais aussi, ses souvenirs de bonheurs. Tous ces moments si importants, gravés à jamais, qu'elle partage avec nous. Elle nous parle de Manuel comme si nous l'avions toujours connu…

On ne peut que se taire devant cette femme. On ne peut que se taire et écouter. Se taire et lire. Se taire et comprendre… Parce qu'on ne peut pas dire le contraire, ce n'est pas ça la vie, suivre le cercueil de son enfant…

« On perd un conjoint, on est veuf. On perd un parent, on devient orphelin. Ton frère et moi t'avons perdu, aucun mot n'existe dans le vocabulaire, si ce n'est se définir comme amputés, démembrés et totalement désarticulés. Nous sommes "désenfantés". »

Enfin, dans les dernières pages de cet hommage à Manuel, sa maman nous parle de l'accident. Des versions. De ses doutes. De ses craintes. De ses peurs. De ses vérités… Un accident parmi tant d'autres dans les faits divers. Un accident parmi tant d'autres dans les registres… Mais bel et bien le seul et l'unique dans le coeur de Florence. Celui qui l'a arrachée à son fils Manuel.


« Je voudrais vomir mon chagrin, ma douleur, ma souffrance et ce sentiment de profonde injustice qui t'a emporté dans un autre monde, mon enfant chéri. »

"Requiem pour une Autre Vie… De l'Autre Côté du Chemin…" est un témoignage bouleversant, la lettre d'une mère à son enfant. C'est un livre rempli de souvenirs et de douleurs. Un livre qui transparait la nostalgie et toute la souffrance aussi… Un livre écrit avec des mots arrachés aux tripes. Un livre qui vient du plus profond de l'intérieur. Un livre pour continuer de faire vivre encore un peu Manuel Berna-Pazos, d'une manière ou d'une autre...

« Même si certains jours n'existent pas en eux-mêmes… Ils sont seulement là pour être "avant" ou pour être "après"… Ce n'est pas la mort qui nous prend ceux que nous aimons… Elle mous les garde au contraire et les fixe dans leur jeunesse adorable, interminable et éternelle… Construit ton monde là-haut, tout là-haut. On ne se lâche pas la main mon tout petit. J'ai pris rendez-vous avec Toi dans le Ciel pour d'Eternelles promenades… »

 

 

 

INTERVIEW

5 Questions à Florence Berna-Pazos

 


Ce livre, c'est un témoignage mais aussi une véritable déclaration d'amour à Manuel, ton fils. Que représente ce livre à tes yeux ?
      J'ai essayé d'en faire le témoignage de ce que nous avons vécu tous les deux... L'amour qui nous a lié, les erreurs que j'ai commises. J'ai voulu démontrer également aux jeunes gens qui le liront que l'inconscience dont ils font parfois preuve et qui malheureusement mène parfois au pire nous anéantit inexorablement.

Lorsque tu as décidé de l'écrire, puis de le publier, quel était le but premier de ce livre ?
      Ce livre, je l'ai écrit dans le but de faire VIVRE Manuel, considérant que ce n'est pas parce qu'il est "parti" qu'il n'existe plus. Parce que tant que JE vivrai IL vivra. J'ai surtout souhaité offrir à Aurélien l'histoire de vie de son papa, afin qu'il apprenne à le connaitre et qu'il n'oublie jamais que dans son sang coule celui de Manuel. Un témoignage qu'il transmettre peut-être lui-même à ses propres enfants.

Dans quel état d'esprit étais-tu pendant l'écriture de ces pages et était-il le même lors de la publication de ce livre ?
      L'idée d'écrire ce livre s'est imposée très rapidement parce que je ne voulais pas que mon fils soit oublié. Je voulais continuer mes conversations avec lui avec la volonté de ne pas rompre le lien. C'était comme une lettre ouverte que je lui adressais et en la publiant je l'imprimais dans une forme d'éternité.

Comment ont réagi tes proches en lisant ton ouvrage ?
      Ce livre a dérangé quelques personnes (très peu) comme mon fils ainé qui a considéré que je "réglais mes comptes". J'avoue ne pas avoir compris son raisonnement, mais bon.....! Dans le reste de ma famille, pour ceux qui l'ont lu, certains ont estimé que je sanctifiais Manuel, ce à quoi je répondais que personne ne le connaissait mieux que moi. D'autres m'ont dit que mes écrits étaient l'exact reflet de ce qu'il était, de ce que nous étions. Mais ce qui m'a le plus touchée, ce sont toutes celles et ceux qui ne l'ont pas connu, mais qui m'ont affirmé qu'à travers ce livre ils le "touchaient du doigt" et qu'ils avaient le sentiment de l'avoir réellement côtoyé. Pour moi c'était exactement ce que je voulais. Que mon fils, au delà de sa disparition soit connu et reconnu.......c'était à mes yeux, la plus belle façon de continuer à le faire vivre.

   


Si tu devais te qualifier en cinq mots, quels seraient-ils ?
      Me qualifier en 5 mots ??? Ouhh la la...

       Dégout profond de l'injustice. Solitaire. Lucide. Intuitive. Possède une mémoire d'éléphant (si tu as un terme pour qualifier ça, je te laisse le soin de le trouver...   )

 

 

 


NOUVEAU !!!

Cette chronique est disponible en version vidéo/audio :

 

 

 

 

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Un grand merci à Florence, pour sa patience, sa gentillesse, sa disponibilité et sa confiance.

Merci d'avoir accepté de répondre à mes questions.

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Published by chroniques-culturelles - dans Littérature
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commentaires

Florence Berna Pazos 03/06/2014 11:28

MERCI Sonia pour ce magnifique récit qui relate exactement ce que j'ai voulu exprimer....
Je t'embrasse fort