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14 novembre 2012 3 14 /11 /novembre /2012 13:30

Chevy Stevens a grandi au Canada, sur l’île de Vancouver. Après ses études, elle devient représentante, puis agent immobilier. Les longues attentes entre deux clients dans des maisons vides lui inspirent l’idée de ce thriller traduit dans vingt pays, best-seller aux Etats-Unis et en Allemagne.

 

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« Annie O'Sullivan, 32 ans, est agent immobilier sur l'île de Vancouver. Par un dimanche ensoleillé d'août, alors qu'elle fait visiter une maison à un potentiel acquéreur, ce dernier lui plante le canon d'un revolver dans le dos et l'oblige à monter dans une camionnette...

Quand Annie se réveille, elle est prisonnière, isolée dans une cabane au milieu des bois. C'est le début d'un enfer au cours duquel ce monstre fera d’elle sa chose. Tortures psychologiques et sévices se succèdent… jusqu’à ce qu’elle parvienne enfin à s’échapper.

Mais son cauchemar ne fait que commencer…

Débutent alors les séances chez sa psy. Annie révèle peu à peu l’horreur pour mieux l’exorciser et réapprendre à vivre. Mais le pourra-t-elle jamais ? Un premier thriller choquant, terrifiant, envoûtant, inoubliable. »

 

 

 

« Il faut que je vous dise, docteur. Ce n’est pas la première fois que je vois un psy depuis mon retour. Quand je suis rentré chez moi, mon médecin traitant m’en a recommandé un qui n’était pas piqué des vers. […] Il a commencé à me poser des questions sur ma mère avant de me donner une pochette de feutres pour que je dessine la couleur de mon ressenti. Quand je lui ai demandé s’il se fichait de moi, il m’a dit que c’était normal de refouler mes sentiments. […] Qu’il aille se faire foutre avec sa thérapie. J’ai tenu deux séances avant de claquer la porte, sans savoir si je devais le tuer ou me suicider. »

C’est ainsi que commence ce livre de trois cent trente pages. Annie a un franc parler, ne mâche pas ses mots et on sent déjà qu’on ne va pas s’ennuyer. Ce thriller se découpe en vingt-six séances chez sa psy. C’est un récit ou plutôt, un déballage d’horreurs où parfois, simple lecteur, on se sent mal à l’aise de pénétrer dans une telle intimité…

 

Alors qu’elle organise une porte ouverte pour vendre une propriété, un homme fort intéressé par la maison se présente. La visite commence, les pièces défilent, puis le jardin, jusqu’à cet instant où il pointe un revolver dans le dos d’Annie. Il l’a fait monter dans une camionnette et l’a conduit dans une cabane isolée, perdue au milieu des bois. C’est là que commence un véritable calvaire, inimaginable.


Il installe des rituels particuliers, il est maître de ses moindres gestes. Il est maître de son moindre souffle… Il fixe un emploi du temps où chaque tâche à sa place à une heure bien précise.

« Tu ne vivais pas, Annie. Tu te contentais d’exister. Je suis en train de t’offrir une seconde chance et tu devrais la saisir. Il n’y en aura pas de troisième. Dorénavant, on fera un peu d’exercice ensemble tous les matins après le petit déjeuner, et puis on prendra une douche. […] Je choisirai tes vêtements chaque jour. […] Tu t’occuperas des tâches ménagères, moi du reste. La vaisselle, le lit, le linge. […] C’est moi qui m’occuperai des produits ménagers. Les produits seront sous clé en permanence et tu n’as pas le droit de mettre de l’eau à bouillir. Pas question non plus de te servir des ustensiles dangereux. Une fois le ménage terminé, tu pourras t’occuper de toi. Je compte sur toi pour te faire les ongles, les tiens ne ressemblent à rien. Je te les limerai moi-même. Tu te verniras les orteils et tu veilleras à avoir la peau douce. Les femmes sont censées avoir les cheveux longs, je te les frotterai avec un produit spécial pour qu’ils poussent plus vite. Et pas de maquillage. Réveil à 7 heures, déjeuner à midi pile, tu liras les livres que je te donnerai. Inspection générale à 17 heures, dîner à 19 heures, et puis tu me feras la lecture. Après quoi je te donnerai ton bain, et extinction des feux à 22 heures. Tu es autorisée à aller aux toilettes quatre fois par jour, sous ma surveillance, la porte de la salle de bain ouverte. »

 

A toutes ces règles sans ménagement s’ajoutent les viols quotidiens, jusqu’à ce qu’Annie tombe enceinte. Une grossesse qui n’allégeait en rien les rituels douloureux et terrifiants. Elle a fini par accoucher, seule dans cette cabane en bois, d’une petite fille. La suite n’est pas plus heureuse jusqu’au jour où elle a enfin pu s’échapper…

 

Cette séquestration a duré un an. Un an de tortures plus horribles les unes que les autres. Par moment, la lecture en est suffocante ; désagréable. Il arrive à lui monter la tête sur ses proches, sur sa vie, sur ceux qu’elle aime…

« Je m'en voulais horriblement de tenir compte de l'opinion d'un déséquilibré. Mais, si quelqu'un vous affirme à tout bout de champ que le ciel est vert, vous finissez par vous demander si ce n'est pas vous qui êtes fou de croire qu'il est bleu. »

 

Durant le livre, durant ces séances chez sa psy, durant chacune de ses confidences, Annie ne cesse de s’interroger. Pourquoi elle ? Elle décrit dans les moindres détails chacun de ses faits et gestes, chacun des coups qu’elle prend, chacune des horreurs qu’elle subit sans défense…

« J'ai fait pas mal de trucs dans cet endroit maudit. Des trucs que je n'avais pas envie de faire, des trucs que je ne me serais jamais crue capable de faire. Mais cette fois-là, je crois que j'ai battu tous les records. Chaque fois que je me pose la question de savoir comment j'ai pu devenir le zombie que je suis aujourd'hui, je repense invariablement à ce moment. A cet instant où j'ai ouvert au diable la porte de mon âme. »

 

Annie s’échappera enfin. Un an après. On se demande alors à quoi peut bien servir de lire la fin du livre, en sachant qu’elle est désormais rentrée chez elle. Mais c’est là que l’auteure nous surprend encore… C’est là que tout prend vraiment forme dans ce thriller haletant. Rien n’est fini. En réalité, son cauchemar ne fait que commencer… L’enquête poursuit son court et plutôt, l’enquête avance… Jusqu’à ce terrible jour où Annie découvre le commanditaire de son enlèvement...

 

« Les journaux ont eu vent de ma visite à la prison et ils s’en sont donné à cœur joie le lendemain. Christina m’a laissé un message en me disant de l’appeler jour et nuit en cas de besoin. Val aussi avait laissé un message, j’aurais donné cher pour savoir jusqu’à quel point elle savait, mais je ne les ai pas rappelées. Pour leur dire quoi ?

C’est […] le coupable, fin de l’histoire. »

 

 

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Published by chroniques-culturelles - dans Littérature
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